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vendredi 23 mars 2007
4 commentaires

LE PEN PERDU

Quatrième homme selon les sondages, Le Pen sait que son heure de gloire est passée. Ses errements stratégiques ne doivent pas faire oublier que son assise reste très solide et que sa propension à troubler le jeu électoral reste une donnée essentielle dans l'équation présidentielle.

Jean-Marie Le Pen a échoué. Son plus beau coup est désormais derrière lui, et la carrière dont il avait rêvé à ses débuts ne s'est jamais construite. Car celui qui se place en candidat "anti-establishment", n'a jamais rêvé que d'une chose : faire partie du système et devenir un notable. Et malgré ses appels du pied répétés en début de carrière à la droite républicaine, il n'est toujours resté que le réceptacle des rancoeurs françaises et des protestataires de tout poil. Si Chirac reste "son meilleur ennemi", c'est que le président longtemps leader de la droite, n'a jamais voulu lui tendre la main et l'introduire dans le sérail. Las, le leader frontiste a donc joué la carte du candidat anti-système, sachant qu’il n’aurait jamais de chances d’être élu. Certes, il a marqué l’opinion nationale et internationale en figurant au second tour, écornant par là même l’imagerie, désormais d'Epinal, de la France-pays-des-droits-de-l’homme, mais quel bilan pour le vieux leader frontiste ? Aucun.

Solide assise

Pour autant, Jean-Marie Le Pen n'est pas enterré. Conscient d'avoir une assise politique certaine, le président du FN peut se prédire légitimement des lendemains qui chantent un peu. Car si l'on regarde les sondages avec un minimum d'analyse, force est de constater que celui qui a changé son prénom pour faire "plus catho" a forcément plus de voix que ce que lui prédisent les sondeurs. Le Pen à 12, 13 % ? Sachant que près de 30 % des Français sont injoignables (les sondeurs appellent leurs sondés de téléphones fixes), sachant que si, certes, un tabou a été levé le 21 avril 2002, avouer son vote reste difficile, sachant que les catégories les plus insondables (ouvriers, catégories modestes) sont précisément les plus à même de voter pour lui, sachant que le vote FN s'amplifie en fin de campagne, sachant que la "défiance" envers les partis est au coeur des préoccupations des votants...De plus, le leader FN peut d'ores et déjà se targuer de 5 millions d'électeurs. La proportion d'indécis est au sein de son électorat, la plus faible, contrairement à François Bayrou par exemple...

Et que penser de ces changements stratégiques du président du FN ? Il police aujourd'hui son discours vis-à-vis de Nicolas Sarkozy et repousse encore l'horizon de sa succession. Signes évidents qu'il ne veut pas lâcher la rampe, et que son "meilleur ennemi", Chirac, avait raison quand il analysait que le parti disparaîtrait avec son chef. Il faut rester dans le champ, pour exister, et exister électoralement est possible. Le débat français sur la fin de vie n'est pas terminé.


 

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Karl
a dit à
dimanche 25 mars 2007

Ouch. quelle chute ! très bien écrit mais je ne sais s'il faut être d'accord. Je vais y réfléchir.

 

bsk
a dit à
lundi 26 mars 2007

2 chiffres : sur les "insondés" faute de telephone fixe déjà, il est apparu - des mots même du directeur d'ifop - que les résultats des personnes sondées en direct sont à 0,05% près les même. Donc rien de nouveau. Ensuite, rappelons qu'au 2ème tour de 2002, Chirac a fait 82.5%, soit 17.5% pour lePen, des votes en bonne et due forme, pas de protestation derrière ceux-ci.

 

bsk
a dit à
lundi 26 mars 2007

Et pour moi c'est réfléchi, on peut le débrancher...

 

Qui©he
a dit à
mardi 27 mars 2007

Bah si ils veulent rebondir, Sarkozy, De Villiers, Maigret et Le Pen n'ont qu'à fonder un parti unique. De toute façon malgré les costumes ils ont des profils similaires...