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mercredi 14 mars 2007
3 commentaires

VEILLEE D'ARMES

Conscients de leur intérêt commun à s'affronter en duel, inquiets de n'être pas qualifiés le 22 avril, Sarkozy et Royal aiguisent leurs armes anti-Bayrou. Tout à la peine de roder des stratégies imprévues en début de campagne, les candidats s'échinent à lever des troupes ad-hoc contre leur nouvel adversaire.

Chirac l'avait senti. Le vainqueur de 2007 "sera un rassembleur, pas un bretteur", théorisait-il il y a quelques mois. Pas un bretteur ou un épéiste : pour les candidats PS et UMP, ça tombe mal. Ils avaient justement bâti leurs stratégies sur cette idée de croiser le fer l'un contre l'autre, bien campés sur leurs assises gauche/droite respectives. Désormais passagers de la même galère, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal voient se profiler la lame de fond -sondagière- François Bayrou. Fait nouveau, si le PS agitait depuis quelques temps déjà le spectre du 21 avril, c'est désormais dans le camp Sarkozy que monte l'inquiétude d'être éliminé au premier tour. Car les deux challengers savent que ni l'un ni l'autre n'ont intérêt à se retrouver face au leader centriste. Présent au second tour, le candidat de l'UDF est aujourd'hui assuré de gagner, quel que soit son adversaire. Opposé à l'anxiogène candidat UMP, Bayrou ferait le plein des voix de la gauche et du centre (voire d'une partie des voix FN qui ne supporte pas que le candidat UMP reprenne à son compte des thèmes et antiennes frontistes). Opposé à Royal, le candidat béarnais récupèrerait la quasi totalité des voix à droite (et éventuellement les bulletins d'une fraction du PS, parmi les militants fabiusiens ou strausskahniens, ou les sympathisants tentés d'adresser à leur parti le message "réformez vous enfin, on détruit tout et on rebâtit la gauche").

Sarko en zig-zag

De fait, boulimiques des enquêtes d'opinion, les états-majors sont bousculés par cette nouvelle perspective, sans pour autant réussir à s'accorder sur la parade pour contrer le centriste. Ségolène Royal feint le mépris indifférent, Fabius veut mettre un coup de barre à gauche (pour quel réservoir de voix ?) et bien marquer le clivage politique quand Strauss-Kahn pense au contraire qu'il faut "parler de Bayrou, et à ceux qui vont chez Bayrou" et invite le candidat à rejoindre le "pacte présidentiel socialiste" (!). Pas moins d'errements tactiques pour Nicolas Sarkozy, que ne se gênent pas de stigmatiser ses "amis de trente ans". "Ca prend l'eau", pronostique Chirac à son entourage, selon Le Canard enchaîné, "sa campagne prend une mauvaise tournure. Il va, il vient, il fait une campagne en zig-zag". Même Balladur s'inquiète que son poulain change constamment de ton :"Il a commencé par être libéral, ensuite il a cité Jaurès et Blum, maintenant il droitise son discours. Changer de stratégie, je l'avais fait en 1995 et ça m'a conduit à l'échec". De fait, les troupes anti-Bayrou peinent à se mettre en ordre de marche. Sarkozy a beau rallier les figures historiques de l'UDF, on peut s'interroger sur l'effet électoral produit par l'arrivée de Giscard ! Même la popularité d'une Simone Veil n'a qu'un effet très marginal sur les urnes...Enfin, chaque camp connait son lot de défections hebdomadaires relayées par la presse (L'ancien ministre de Jospin Claude Allègre et l'UMP Azouz Begag viennent notamment de convertir au bayrouisme).

Extrême cul-de-sac

Les appareils politiques ne sont pas les seuls déboussolés par le "cas Bayrou". Les médias nationaux non plus ne l'avaient pas vu venir : le traitement de l'actualité du candidat UDF s'en fait quelque peu sentir et les critiques peinent à émerger. -D'ailleurs, l'un des rares journalistes à avoir évoqué ce flottement dans les rédactions s'est d'ailleurs fait sermonner par sa hiérarchie...(et l'article incriminé, 'Petit Bayrou est devenu grand' encore en ligne dans les profondeurs du site, n'est plus référencé dans les archives NDLR)-. Si l'on peut lire à longueur d'éditos des commentaires étonnés ou rageurs sur ses bons scores, c'est plus souvent du côté de l'étranger que l'on peut lire les analyses critiques les plus poussées. Jusqu'alors plutôt louangeurs, avec un temps d'avance sur l'Hexagone, les médias européens s'agacent désormais du "phénomène" Bayrou. Ironisant sur la propension des Français à "humilier les favoris et exalter les challengers", The Independent se montre l'un des plus sévères. "Après les culs de sac de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite, la France est maintenant tentée par le cul-de-sac de l'extrême centre", annonce le quotidien britannique, s'étonnant du débat sur le clivage gauche/droite, alors que "depuis 24 ans, depuis que François Mitterrand a abandonné le socialisme en 1983, la France a été dirigée par des gouvernements consensuels". Enfin, il reste dubitatif devant notre intérêt pour un candidat dont le parti "manque de fonds, est trop petit et désorganisé pour lui donner la majorité aux législatives", condition essentielle pour opérer les profondes réformes dont la France a besoin.


 

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Qui©he
a dit à
mercredi 14 mars 2007

Elle fait mal à la tête la Bannière du blog de Jean-Pierre Mr Been Venement

 

bsk
a dit à
vendredi 16 mars 2007

La critique de The Independant est profondèment vraie. Dire qu'il suffit parfois de detourner le regard de son nombril pour voir qu'on fait fausse route. M'enfin, si ça nous amuse....

 

latour
a dit à
mardi 20 mars 2007

selon l'article de The Independant :"The centre-right Interior Minister, Nicolas Sarkozy"... interessant !