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lundi 12 mars 2007
2 commentaires

L'AMOUR EN HERITAGE

Adieux émouvants, maigre testament...La quasi-totalité des politiques rend hommage au chef de l'Etat, quand les médias étrangers se chargent pour l'heure de la critique sévère de son bilan. Par sa "déclaration d'amour" aux Français, Chirac s'assure néanmoins une sortie plus réussie que ses prédécesseurs.

"Aurevoir"...Souvenez-vous, ces images télévisées de Valéry Giscard d'Estaing faisant ses adieux aux Français en 1981, cruelle illustration de sa fin de carrière, à seulement 55 ans. Un ton froid et amer, un plan-caméra large et fixe sur une chaise vide, la Marseillaise qui part en retard...Et surtout, la traversée à pied -quelle idée !- de la cour de l'Elysée, le jour de la passation de pouvoir avec François Mitterrand, sous les huées et les insultes. Même le leader de la gauche en avait été choqué. Cette intervention à la télé "lui de dos s'en allant dans ce décor sinistre, et sa sortie du palais, il s'est fait cracher dessus -je les entendais de l'intérieur de l'Elysée. Quelle souffrance !", avait confié le socialiste à ses biographes. Et pour ne pas "finir comme ce pauvre Giscard", Mitterrand avait préféré aux "adieux de théâtre" une allocution télévisée où, évoquant sa croyance "aux forces de l'esprit", il donne aux Français une sorte de rendez-vous dans l'au-delà. Beaucoup moins de mysticisme donc, pour le président Chirac, qui a fait le choix de la simplicité et de la corde sensible. "Pas un instant, vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime", a-t-il en effet déclaré, devant plus de 22 millions de télespectateurs -un record quasi-absolu d'audience-. Pas de risque donc, en cultivant son capital de sympathie dans l'opinion, de vivre les grands moments de solitude de Giscard. Et si l'on se souvient que De Gaulle, vexé de son désaveu dans les urnes, s'était simplement fendu d'un télégramme de départ aux Français, et que Georges Pompidou n'avait pu achever son mandat, Jacques Chirac est le seul président de la Ve République à se retirer auréolé d'une popularité consensuelle...


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Gaulliste, girouette et démagogue...

Une belle unanimité de façade également dans la classe politique française (hormis les partis extrêmes) pour saluer le retrait de Chirac, car critiquer publiquement le chef de l'Etat pourrait coûter des voix...Le président ne s'étant encore prononcé pour aucun candidat -il devrait le faire le 19 mars-, chacun essaie donc de tirer profit de cette allocution. Sarkozy "s'humanise" en faisant part de son émotion. Ségolène Royal et François Bayrou se sentent les plus à même de remplir les missions évoquées par le chef de l'Etat : lutte contre les extrêmismes, les discriminations, le communautarisme, respect de la laïcité, promotion de l'écologie...

"Girouette politique", "piètre stratège", "européen tiède", "éternel opportuniste", mais "excellent démagogue"..., les portraits publiés dans la presse internationale apportent en revanche de mauvaises notes dans ce concert louangeur hexagonal. Les Anglo-saxons, souvent les plus sévères, ironisent sur la "fracture sociale", la dissolution ratée, ou encore les baisses d'impôts promises, alors que le déficit extérieur est faramineux. Les Américains négligent carrément l'information : ils ont de longue date, à longueur d'éditos, prononcé son oraison funèbre. Les regrets viennent du monde arabe, de Palestine, du Japon, ou encore de Russie, qui salue "l'ami Chirac", et le "dernier gaulliste". Seul point d'unanimité internationale : le retrait du président, éternel candidat qui a connu une carrière d'une exceptionnelle longévité "marque un tournant historique dans la vie politique française".

Lire notre billet d'humeur Tilt sur le même sujet

ILS ONT DIT

Ennemi jugé

Quelques mots [sur Chirac] en vrac : positifs comme l'Irak et le Vél d'Hiv, mais surtout négatifs : impunité, mépris pour les institutions en général et la justice en particulier, mainmise sur les médias, privilèges accordés aux copains. Une image pas forcément erronée de république bananière, une société qui stagne, un accroissement des inégalités et du rejet de l'autre ”, a réagi le juge Eric Halphen, suite à l'allocution du chef de l'Etat. Et le magistrat, qui avait convoqué, en vain, "M. Chirac Jacques" en 2001 pour s'expliquer dans l'affaire des HLM de Paris, de conclure :“ Douze ans pour rien, pourrait-on dire, mais ce serait encore trop gentil ”.

Fin de banquet

Une sensation de gâchis, de rendez-vous manqués, avec une irrépressible sympathie, irritée certes mais bien réelle, pour ce "pistachier"­ un mot arlésien intraduisible entre truqueur, malin, viveur ­, mais toujours estimé comme le vieux cousin un peu turbulent sans qui les réunions de famille ne seraient pas ce qu'elles sont. On va d'ailleurs moins se marrer, je crois... ”, a confié le couturier Christian Lacroix au quotidien Libération, qui interroge aujourd'hui des personnalités sur leur vision du président de la République.

Vers à soi

François Bayrou est un peu l'albatros de Baudelaire. Il a une très grande aile à droite, il veut avoir une très grande aile à gauche. A force d'avoir de très grandes ailes, il ne peut plus s'envoler ”, a "théorisé" l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, lors d'une intervention sur France 2. Il devrait profiter de sa retraite poitevine pour mieux relire l'auteur des "Fleurs du Mal", dont le poème éponyme disait de l'albatros que "ses ailes de géant l'empêchent de marcher". Enfin, même remanié à la sauce Raffarin, on restera dubitatif devant la puissance d'une telle critique...

Racolage actif

M. Sarkozy est en difficulté en ce moment, en difficulté dans les sondages et il veut draguer l'extrême droite c'est clair et c'est net (...) sur le terrain de la sécurité et de l'immigration ”, a affirmé l'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius, invité dimanche du forum "Radio-J", précisant que la formule du candidat UMP, “ Ou bien on aime la France, ou bien on la quitte ” était une conception “ qui est complètement aux antipodes de ce qu'est la tradition française ”. Laurent Fabius a ajouté que Nicolas Sarkozy a “ commencé sa campagne en citant Jaurès et Blum et en est à un stade où maintenant ce sont des clins d'oeil appuyés à M.Le Pen ”.

Gérontophile

Je reste un chiraquien inconvertible. J'attends avec impatience ce que le président va dire ”, avait déclaré lors d'une conférence de presse Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, avant l'intervention télévisée du chef de l'Etat. “ Je trouve que la France a encore besoin d'un homme de cette envergure. Entre un président qui, à 74 ans, incarne une France respectée dans le monde et les candidats de 52-53 ans, il y a un trop grand écart pour la continuité d'une identité politique.

Loterie municipale

Aujourd'hui j'ai gagné au Loto ! ”, a ironisé Olivier Besancenot, lors d'un meeting à Bayonne vendredi. Il devrait en effet recevoir le parrainage de l'ancien ministre UMP de la culture, Jean-Jacques Aillagon. Ce dernier avait choisi de s'en remettre au hasard, lors d'une réunion à Metz, pour choisir le candidat à la présidentielle auquel il apporterait son parrainage...Et le gagnant est...le candidat de la LCR ! Apparemment soulagé que le bulletin Le Pen n'ait pas été tiré au sort, l'ancien membre du gouvernement Raffarin a précisé qu'Olivier Besancenot “ exprime des orientations avec lesquelles je suis très souvent en désaccord. Mais son absence du paysage serait une mauvaise chose ”.


ÉTONNANT, NON ?

Rance culture

A l'heure où l'UMP cherche à rallier à son candidat les figures historiques de l'UDF, comme Simone Veil ou VGE, pour bien stigmatiser la "solitude" de François Bayrou, étrangement, personne ne se dispute Raymond Barre...Il faut dire qu'à 82 ans, l'ancien Premier ministre tombe le masque et tranche avec la "bonhommie" de naguère...Invité par la radio France-Culture, le "centriste" a défendu à nouveau Bruno Gollnisch, ancien élu lyonnais et dirigeant du FN -“ un homme bien ”-(sic). Revenant sur ses propos après l'attentat de la rue Copernic, en 1980, Barre a évoqué “ un lobby juif ” capable de monter “ des opérations indignes ”. Enfin, il a estimé que son ancien ministre, Maurice Papon, avait été “ un bouc émissaire ” et qu'il avait eu raison de ne pas démissionner durant l'Occupation de son poste à la préfecture de Gironde puisqu'il fallait “ faire fonctionner la France ”. Faire fonctionner la France, c'est donc affréter des trains pour emmener les enfants juifs vers les camps d'extermination...?

La Légion ou l'honneur

Peu avant que Nicolas Sarkozy ne déclare qu'il se "battrait" pour que Le Pen puisse obtenir ses 500 parrainages nécessaires à sa candidature, le sénateur et maire de Marseille, vice-président de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, démentait toute pression du parti sur les élus pour les empêcher de signer pour le leader frontiste. “ L'UMP n'a donné aucune consigne concernant les signatures. (...) En réalité très peu de maires UMP veulent donner leur signature à Jean-Marie Le Pen parce qu'ils savent que s'ils le font, ils n'auront jamais la Légion d'honneur ”. Le maire de Marseille a par ailleurs précisé : cette mésaventure était arrivée “ au maire d'Eyragues, à qui je n'ai jamais pu la faire avoir à cause de ça.

 

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maxsahen
a dit à
mardi 13 mars 2007

un tournant historique ! oui... c'est sans doute un des derniers animal politique de cet acabit, à la fois rhéteur et menteur, une grande vision, mais de petites actions... Reconnaissons le tout de même, il est touchant. Savoir parler aux français demande plus de talent qu'on le croit, et au fond - peut-être est-ce là même une des essences de notre esprit - bien qu'étant loin d'être irréprochable, nous avons eu envie de lui dire un instant : nous aussi, Jacques, nous t'aimons... rien qu'un instant seulement.

 

Qui©he
a dit à
mardi 13 mars 2007

J'ai reçu l'amour en héritage
Un matin au pays des cigales

Rien que le titre de l'édito j'en ai la chair de coquillettes. J'imagine Stacy Keach et Stefanie Powers se déchirer à travers les époques entre montmatre et la provence : (laule)