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mercredi 21 février 2007
un commentaire

PRIVES DE SEINGS

La chasse aux 500 signatures pour les candidats à la présidentielle commence officiellement demain. Le Front national et les petits candidats dénoncent une pression des grands partis pour empêcher leur participation à la course à l'Elysée. Un déni de démocratie ?

Romdane Ferdjani, Hervé Mathiasin, Gabriel Enkiri, ça vous dit quelque chose ? Ces illustres inconnus font pourtant partie de l'immense bataillon des candidats ayant déclaré vouloir soumettre un programme au vote des Français...Pour loufoques et totalement anecdotiques que puissent paraître ces petits candidats, certains arrivent néanmoins à réunir les parrainages nécessaires pour se présenter à la magistrature suprême. Et le phénomène n'est pas nouveau : en 1965 déjà, Marcel Barbu, auto-proclamé "candidat des chiens battus", menait très officiellement campagne, en pleurant durant les débats télévisés...! Les motivations de ces petits candidats divergent grandement. Pour certains, comme le PC, c'est une question de survie politique. Plus de candidat, et c'est une confirmation que la page historique est tournée. Pour d'autres, comme les Verts par exemple, l'enjeu est d'intégrer un futur gouvernement. Enfin, pour beaucoup, c'est l'occasion de faire passer un message catégoriel (handicap, baisse des impôts, vote blanc...) et d'en faire un thème de campagne. 500 paraphes de maires et c'est le pactole médiatique, avec égalité totale de temps de parole avec les "grands" durant la campagne officielle.

Le déni de démocratie peut être réellement plaidé, chiffres à l'appui, si l'on additionne l'ensemble des voix que rassemblent les candidats hors PS et UMP. Ainsi, un collectif citoyen lance un "appel pour le pluralisme démocratique", sous forme d'une pétition en ligne, arguant "qu'il n'est pas concevable que 15% à 30% des électeurs français ne soient pas représentés et que nombre de candidats ne soient (peut-être) pas soumis" aux suffrages des électeurs.

Enfin, dans la masse de ceux qui dénoncent des pressions sur les élus, le cas du leader du Front national est bien évidemment à considérer d'un autre oeil. Sa présence dans la course peut peser d'un poids décisif sur l'issue du scrutin. Les électeurs de gauche pourraient par exemple voter "utile", donc PS, dès le premier tour, pour éviter un nouveau 21 avril, et dégonfler l'hypothèse Bayrou. Autre hypothèse, l'absence du FN pourrait certainement profiter au candidat UMP. Pour l'heure, Jean-Marie Le Pen se dit encore privé des 500 seings. Verdict du Conseil constitutionnel le 19 mars.


EN PLUS

Jacques le "Paillard"

Alors que le locataire de l'Elysée arrive en fin de bail, la presse britannique s'emploie à dresser au fil des jours son testament politique et se monte très sévère quant au bilan de ses douze années de présidence. Par ailleurs, les Anglo-Saxons se montrent extrêmement étonnés que les frasques extra-conjugales de Jacques Chirac, rappelées dans le livre de Pierre Péan paru il y a quelques jours, ne semblent pas choquer, ni même intéresser les Français. "J'ai aimé beaucoup de femmes, discrètement" avait notamment confié le président à son biographe dans "L'Inconnu de l'Elysée". "La réaction générale est qu'il est sain pour le pays d'avoir un président énergique", analyse notamment le Guardian, expliquant que "les Français s'en fichent car mentir à une épouse ne veut pas dire que l'on ment à son pays". The Times revient de son côté sur la réputation de "Don Juan" des Français, et égrène les exemples historiques :Mitterrand et ses deux familles, Giscard surpris au petit matin sur les Champs-Elysées, jusqu'à Félix Faure, mort au palais après une petite séance d' "oral sex"...

Enfin, The Independent profite de l'occasion pour se demander plus globalement pourquoi, finalement, les électeurs souhaitent que leurs dirigeants soient exemplaires dans leur vie conjugale. L'éditorialiste revient sur les confidences de Chirac, surnommé "Jacques le Paillard" et évoque d'autres "affaires" en Europe comme celles qui ont touché Berlusconi ou poussé des ministres du gouvernement de Tony Blair à démissionner. Il conclut : "il est temps de dépasser l'idée fausse qu'une vie domestique harmonieuse est nécessairement synonyme d'intégrité morale en politique. Quand nous aurons intégré que quelques hommes politiques peuvent faire des écarts privés, comme tout le monde, sans qu'il faille pour autant les sanctionner dans leur carrières, alors il pourront gouverner plus sereinement".


ILS ONT DIT

Fluide central

La vague n'a pas encore pris toute son ampleur, mais elle est assez forte pour emporter les barrages ”, a affirmé François Bayrou lors d'un point presse, en référence aux élections présidentielles précédentes, où l'on “ voit, en général en février, qu'une vague se déclenche en faveur d'un candidat auquel les sondages auparavant n'accordaient pas de chance ”. Interrogé sur sa proposition d'une coalition gouvernementale, le candidat UDF a souligné que “ pour sortir la France de la mouise, il faut faire un rassemblement et donner des responsabilités importantes à des gens venant de sensibilités différentes, pas des cacahuètes". ”.

Kamikaze

La gauche va dans le mur, comme en 2002. Mais cette fois les yeux ouverts et en klaxonnant ”, a pronostiqué le député socialiste de la Drôme, Eric Besson. Démissionnaire aujourd'hui du parti, l'ancien secrétaire national chargé de l'économie et de la fiscalité avait quitté le staff de campagne de Ségolène Royal car il jugeait “ intenable ” de défendre dans les médias le chiffrage des promesses à 35 milliards d'euros.

Lourdes tâche

Bayrou est le seul homme politique à m'avoir assuré que la sainte Vierge lui était apparue et prédit qu'il serait président de la République ”, a confié l'ancien ministre de l'intérieur Charles Pasqua, cité dans Le Canard enchaîné.

Gauchers contrariés

Je reçois [les appels de Bayou à un rassemblement] comme un hommage et un encouragement, parce que c'est la preuve que ce pays est à gauche quand on voit Sarkozy dénoncer les patrons-voyous ou Bayrou essayer d'apparaître comme un Che Guevara de l'extrême-centre après avoir été le Bisounours de la droite ”, a ironisé le député socialiste Claude Bartolone, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Bal à blanc

Je ne suis pas venue faire la danse du ventre devant vous. Je me sens l'envie de vous dire deux-trois choses en mémoire du passé ”, a déclaré Dominique Voynet, invitée comme les autres candidats à s'exprimer devant la Fédération nationale des chasseurs, sous une bronca. La chasse est un "loisir exactement aussi légitime" que d'autres, mais pas la "chasse à la Voynet" ”, a averti la candidate des Verts.


ÉTONNANT, NON ?

L'ombre d'un Duce

Le dernier livre du candidat UMP Nicolas Sarkozy "Témoignage" a été traduit en italien aux éditions Nuove Idee et préfacé par Gianfranco Fini qui dirige l’Alliance Nationale, pointe notamment le philosophe Michel Onfray sur son blog. Or ce parti est un héritier du MSI, le parti fasciste mussolinien, et Gianfranco Fini, prétendument détaché de son passé, souligne Onfray, “ écrivait encore en 1994 : « Mussolini a été le plus grand homme d’Etat du XX° siècle ». Jaurès, Blum et Benito, même combat ? ”.

Victime d'une tournante

Je ne crois pas qu'il soit souhaitable que ceux qui se sont engagés à un moment donné continuent. Je ne crois pas que la politique, ce soit la logique du tourniquet ”. Dominique de Villepin a exclu de faire partie du gouvernement de Nicolas Sarkozy en cas de victoire du candidat UMP à la présidentielle, et déclaré vouloir plutôt “ s'engager au service de la paix, de la justice ou de la culture ”.“ Je crois qu'il ne faut pas revenir en arrière, il faut constamment avancer dans la vie. Il y a beaucoup d'autres façons de servir ses idéaux, sa famille politique ”, a-t-il déclaré notamment sur RTL.

Zy'va pas

Le ministre de l'Intérieur continue de bouder les banlieues, après avoir annulé plusieurs déplacements. L'association de quartier "Z'y va" avait notamment attendu en vain le candidat, sollicité pour se rendre à Nanterre et venir à la rencontre des habitants le 30 janvier. Nicolas Sarkozy, qui craint certainement le même accueil, relayé dans les médias, qu'avait reçu Chirac en 2002 lors de ses déplacements dans les cités, a préféré recevoir hier une trentaine de membres de l'association, au ministère, Place Beauvau.

 

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watino
a dit à
jeudi 22 février 2007

je trouve que Mlle Canarde nous propose toujours une rubrique de qualité. J'apprecie tout particulièrement la rubrique etonnant non?. J'apprends tous les jours de nouvelles choses sur la politique grace à votre site et l'impertinence et la liberte de ton dont fait preuve cette canarde me plait!