L'annuaire des séries télé visionnables en streaming sur internet
mardi 20 février 2007
un commentaire

DEVOIR D'INVENTAIRE

Le nouveau type d'émissions politiques contraint les candidats au zapping programmatique, quitte à dénaturer la fonction présidentielle. Les journalistes, inquiets d'une "dérive populiste", s'interrogent sur leur rôle dans la campagne.

"De minimis noncurat pretor". "Le chef ne s'occupe pas des détails". Avec TF1, les proverbes latins prennent un sacré coup de vieux. Car avec les nouveaux programmes télévisés tels "J'ai une question à vous poser" sur la première chaîne, ou "A vous de juger" sur France 2, on confronte sans médiation journalistique "les vrais gens" aux candidats, qui doivent avoir réponse à toutes les questions catégorielles. Et entrer dans le détail, a fortiori quand on a en face de soi une "mère" qui entend gérer "la maison France"...Le Français, "panellisé", lève le doigt, pour interroger hier soir en l'occurence Ségolène Royal. "Madame, que pensez-vous des maladies neurodégénératives ?". "Madame, allez-vous baisser la TVA sur les matériaux du bâtiment ?". Ce n'est plus un présidentiable, dans l'arène, que réclament les télespectateurs. C'est un gestionnaire, un super-ministre des Affaires sociales, voire un chef de région ! La formule cathodique pousse alors naturellement le candidat au catalogue de promesses et au registre compassionnel... Les prérogatives présidentielles (défense, affaires étrangères, notamment) sont largement passées sous silence. Aurait-on imaginé, en guise de débat politique, qu'une mère de famille monoparentale s'adresse directement à De Gaulle ou Mitterrand pour réclamer une place en crèche ? Ce n'est plus l'Elysée, mais une gigantesque permanence de député-maire.

Et quid du journalisme politique dans ce contexte ? Ce type de programme cantonne les observateurs politiques en Monsieur ou Madame Loyal, chargé de distribuer la parole à Bernard, chef d'une PME, Martine, fonctionnaire retraitée, ou Jean-Pierre, chauffeur de taxi, dans un amphithéâtre. Question. Réponse. Question. Réponse. Pas de contradiction : même les réactions des panellisés sont zappées. Les seules saillies éditoriales de Patrick Poivre D'Arvor consistent à hausser un sourcil en cas d'incompréhension ou à sourire en coin lorsque le propos fleure la démagogie. Passons sur l'absence totale de hiérarchisation de l'importance des sujets : 5 minutes pour la réforme des retraites et 5 minutes sur le sous-titrage dans l'audiovisuel pour les sourds et malentendants.

Inquiets d'une "dérive populiste" dans la campagne, les journalistes de l'audiovisuel public ont lancé lundi une pétition pour demander l'organisation de débats contradictoires entre les candidats à l'élection présidentielle. Mais la formule plait aux Français et bat des records d'audience. Visiblement assez à l'aise dans cet exercice, la thuriféraire des débats participatifs semblait hier soir satisfaite et multipliait les remerciments à l'auditoire. Les sujets qui fâchent (chiffrage des promesses, stratégie de campagne) avaient été globalement évités. O tempora, o mores...


ILS ONT DIT

Dans tes rêves

Sarkozy cite les morts. Bayrou au moins prend les vivants. Ca progresse ! ”, a ironisé le député socialiste Jean-Marie Le Guen, alors que le candidat centriste n'exclut pas de prendre DSK comme premier ministre, s'il était élu. “ Cela n'a pas de valeur significative. Un gouvernement où cohabiteraient Alain Juppé et Dominique Strauss-Kahn n'est qu'une construction intellectuelle ”, a estimé le député de Paris.

Bon vieux temps des colonies...

Cette procédure [des 500 signatures] est simplement scandaleuse. Elle vise à nous exclure alors que, malgré nos millions de voix, le FN n'a aucun député et aucun sénateur. Si cela se passait en Afrique, les gens prendraient leur fusil ou leur machette pour aller couper en morceau les dirigeants ”, s'est ému le délégué général d'extrême-droite Bruno Gollnisch dans Le Parisien.

Tour de passe

Le sondage donnant François Bayrou vainqueur au second tour, face à Nicolas Sarkozy comme à Ségolène Royal, est pour le moins grotesque. Comment un candidat qui selon le même institut de sondage, n'est pas au second tour, pourrait battre tout le monde au second tour justement ? ”, s'interroge le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis. En effet, d'après une enquête IFOP pour Fiducial et LCI, s'il était qualifié au second tour, le candidat de l'UDF obtiendrait 52 % des voix face au candidat de l'UMP et 54 % face à la candidate socialiste.

Revue de charmes

Le charme est rompu. A l'automne, Ségolène Royal a porté le Parti socialiste, et au printemps, c'est le Parti socialiste qui va la porter. ”, a commenté l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin quant aux actuels sondages. Riposte du camp adverse : “ M. Sarkozy offrirait un pays fracturé, amer, dominé par l'argent-roi dans une France dépourvue de charme ”, a prophétisé Jean-Pierre Chevènement, ajoutant qu'à l'inverse serait sa candidate serait “ la présidente de la confiance retrouvée, d'une France accordée aux valeurs de notre temps et sympathique aux autres peuples.

Passage à tabac ?

Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre Nicolas et moi. Ceux qui prétendent le contraire sont jaloux ”, a précisé la députée UMP de Meurthe-et-Moselle Nadine Morano. Le Parisien avait affirmé hier que la députée avait été très critiquée au sein de son propre camp après ses prestastions télévisées dans "Envoyé spécial" et "T'empêches tout le monde de dormir".


 

del.icio.us it! - Digg it! - Blogmark it! - Ajouter  mes favoris Technorati - Fuzz it! - Scoop it!

 

 

watino
a dit à
jeudi 22 février 2007

Merci pour ces infos, cette rubrique a une veritable utilité. Elle me permet de pouvoir briller dans les diner en ville...sans avoir pour autant à manger du cirage!