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mardi 6 février 2007
3 commentaires

LE PETIT ORAL DE NICOLAS

Lundi soir à 21h, TF1 inaugurait une émission politique citoyenne, J’ai une question à vous poser. Malgré quelques 330.000 SMS envoyés aux adhérents de l’UMP, le succès est mitigé : avec une moyenne de 8.2 millions de téléspectateurs (selon La Tribune), l’objectif du Ministre de l’Intérieur d’en attirer 10 millions n’aura pas été atteint.

Dans un décor aux allures parlementaires, Nicolas Sarkozy s’est prêté aux questions des citoyens triés par la Sofres. Et pendant quelques 2 heures, il a débattu sur des sujets aussi divers que les magasins ouverts le dimanche, les radars, le tabac, etc. Au lendemain de l’émission, Le Parisien titrait “ Les Français veulent du concret ”. Car plutôt que de concret, c’est de circonstancié dont il aura été question sur TF1 : à chacun sa petite chapelle. Un exercice dont Nicolas Sarkozy s’est brillamment tiré, en esquivant avec talent les rares questions de fond et en s’attardant avec toute sa faconde sur l’anecdotique. Le débat programmatique tant attendu n’aura pas eu lieu.

Le premier qui dit que je serai pas premier de la classe, je lui donne un coup de poing sur le nez !

Oublié donc, ce début de campagne qui s'avérait pourtant prometteuse, par exemple sous l’impulsion des Enfants de Don Quichotte qui réclamaient un contrat social et moral pour une France en déficit démocratique. Plus l’émission avance, plus on devine qu’après la question sécuritaire de 2002, c’est a priori celle du pouvoir d’achat qui occupe les esprits. L’inquiétude est de toute évidence légitime, mais elle est vite enfermée dans une dialectique manichéenne par Sarkozy. On s’enlise alors dans une opposition stérile entre la France qui travaille et son mystérieux contraire, un négatif fantasmatique et coupable - pour le moment, ce seraient les impôts.

Sujet éminemment démagogique qui laisse place à une cacophonie de circonstance tandis que le débat, déjà pas élevé, atteint des profondeurs. Le candidat Sarkozy se promène, avec une rhétorique qui allie pragmatisme économique et consensualisme. Ainsi, à un téléspectateur qui l’interroge sur le droit d’adoption des couples homosexuels, il répond fiscalité. A un autre qui lui demande sa position sur l’Iran et son rapport aux Etats-Unis, il répond qu’il n’est “ pas question d’attaquer l’Iran ”. La déception s’installe : on nous organiste une messe médiatique, mais on y sert des embryons de réponse.

Car si l’exercice télévisuel est louable, la politique est avant tout une affaire de désir collectif. Elle doit réunir, plutôt que de se contenter de répondre uniquement aux craintes des Français. On attend du débat présidentiel qu’il propose, qu’il crée des bases communes plutôt que des divisions. Après l’émission d’hier soir, on attend encore…

Les réactions sur les forums, elles, n’ont pas tardé, à l’instar du blog de la Télélibre : “ Peu importe le score, il était bon le bougre mais tellement libéral et tellement atlantiste que son surnom de PTIT BUSH lui va comme un gant…. ” ou encore plus loin : “ Excellent orateur que ce Monsieur Sarkozy .. Brillant, il n’y a rien à dire… Mais c’est tout !!! Voilà sa seule et unique qualité.

Alors, les partisans du candidat ministre se frottent les mains : ce fût réussi, il ne s’est pas énervé, il a répondu à tout le monde (sur la forme). N’empêche : les amateurs de fond sont restés sur leur faim. A bon entendeuse !


EN PLUS

Bloc Party

A force d’annoncer le programme et les idées de Ségolène Royale pour le 11 février, la pression monte, à droite comme à gauche. C’est le moment où les plannings deviennent stratégiques comme on dit dans le monde de la pub.

11 février : la date est devenue cruciale, mythique, quasi biblique. L’annonce faite de Ségo, des idées enfin sur la table, oubliées les bourdes et les approximations, on va voir ce qu’on va voir… Mais à une semaine de l’évènement, le PS souhaite “ dédramatiser ” en soulignant qu’il ne mise pas tout sur cette date. Pour cette raison, le meeting de Royal, ce soir, à la Halle Carpentier est de tout premier ordre. Les éléphants du parti que la candidate ne souhaitait pas mettre en avant seront là : la stratégie de Royal change et c’est la liste des invités qui s’en trouve modifiée. Et l’on tâtonne à la recherche d’une répartition des rôles. Bertrand Delanoë s’improvisera chauffeur de salle. Tout le monde fait bloc pour le parti, même si Lionel Jospin décline l’invitation, “ sans ressentiment ” précise Libération.

L’UMP aussi se sent concernée par la chose. Sarkozy a décidé de d’envoyer à la même date son comité de soutien à l’assaut de la Mutualité. Artistes, intellectuels, personnalités des médias : ils serreront tous les rangs pour tenter d’éclipser un peu la candidate socialiste. Dans la foulée, Sarkozy sera le lendemain à Berlin pour rencontrer Angela Merkel – un rendez-vous que le PS a beaucoup de mal à organiser pour le moment.

Sarkozy et Royal s’entendent donc pour tenter de faire finalement du 11 février socialiste une date comme toutes les autres. Ou presque.


ILS ONT DIT

Jamais trop tard

François Léotard stigmatise aujourd'hui les travers et “ pathologies ” de la vie politique : “ la réduction de la personnalité, l'aspect prostitutionnel de la démarche (…) Parfois, à la tribune, j'ai eu ce sentiment étrange que je pouvais mener ceux qui venaient m'écouter n'importe où. C'est un pouvoir terrible d'entraîner. ” On a tendance à l'oublier dans nos sociétés occidentales, mais il est toujours bon de méditer la parole des anciens.

Lang de vipère

Jack Lang à propos de Sarkozy : “ c’est un adversaire talentueux, brillant (…) qui utilise des armes déloyales, la calomnie, les attaques basses. Il a un art suprême de l’imposture et de la supercherie ”. Notre Ministre de l'Intérieur n'a apparemment pas le monopole de la rhétorique de haut vol.

Péplum électoral

Je suis entré dans l’arène pour insérer dans le débat ce qui compte et tenter de transformer ainsi un cirque romain en école du peuple républicain ” rugit Jacques Cheminade, candidat à la présidence de la République. Qui ose dire que les utopies ont déserté le champ politique ?

Le péril du Goupil

Ce n’est pas parce que le renard se couvre de plumes qu’on va le prendre pour une poule ! L’objectif du renard est d’entrer dans le poulailler… ” a déclaré François Bayrou à propos de Nicolas Sarkozy et de ses allusions à Jaurès et à Blum. Monsieur Fontaine, je ne boirai pas de votre eau.

Générosité hivernale

Je ne veux pas que le centre d'hébergement soit occupé pour la moitié, comme c'est le cas aujourd'hui, par des sans-papiers. (…) Les sans-papiers sont des personnes que l'on doit aider, mais s'ils n'ont pas de papiers, ils n'ont pas vocation à rester en France ” a déclaré Nicolas Sarkozy sur TF1 lors de l’émission J’ai une question à vous poser . Reste à savoir s'ils avaient une réelle vocation pour la misère et la clandestinité ou si c'est une erreur d'orientation.

Au boulot Nico

Si Nicolas Sarkozy prend rendez-vous aujourd’hui avec tous les jeunes victimes de contrôles aux faciès et de discriminations, la journée de vingt-quatre heures ne lui suffira pas. ” Julien Dray, porte-parole de Ségolène Royal. On attendra le 11 février pour savoir si la journée de 36 heures fait partie des propositions de Ségolène Royal.

Canular téléphonique

Je ne suis pas militant UMP, encore moins chauffeur de salle pour Sarko, (…). La photo où l’on me voit à côté du Schtroumpf (Nicolas Sarkozy) a été prise le 17 décembre 2005 à la salle Gaveau à Paris ” s’est indigné l’imitateur Gérald Dahan, après son renvoi du magazine Entrevue. A force d'incarner de multiples personnalités, on peut parfois s'y perdre.

Vous les femmes

Autoritaire ! Imprévisible ! Incontrôlable ! Légère ! De tout temps, c'est ainsi qu'on a dévalorisé les femmes pour les assigner à ne pas sortir de leur condition. Hier, on disait hystérie, inconstance, versatilité, incapacité. Ces stéréotypes sommeillent encore dans notre société ; ce sont eux que Nicolas Sarkozy veut réveiller ” s’indignent onze femmes socialistes face aux attaques contre Ségolène Royale.

Ça patine au PS

Jusqu’ici, on était dans les figures libres qu’on ne maîtrisait pas bien. Maintenant, on aborde les figures imposées et, là , le PS est imbattable ” annonce Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius. Aurions-nous trouvé là un nouveau Nelson Monfort de la politique ?


ÉTONNANT, NON ?

In Vino Lobbying

Je ne légaliserai pas la drogue, je la combattrai. (…) Le vin est un produit du terroir que l’on ne doit pas culpabiliser ” affirme Nicolas Sarkozy. La chasse au fumeur de joints, c'est difficile de décrocher une fois qu'on y a goûté.

Prendre ses effets… spéciaux

Nos maquilleuses n’assurent qu’un maquillage léger, afin que vous ayez une bonne mine sur le plateau (…) Mesdames, pour les maquillages plus élaborés, merci de prévoir le nécessaire. ” Extrait des consignes aux participants de l’émission de TF1 J’ai une question à vous poser. Nous y voyons un message subliminale éminemment politique : on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Fan club

Organisez un apéritif et invitez des amis à regarder l'émission de Nicolas Sarkozy sur TF1, puis parlez de politique avec eux ”, recommande Yves Jégo, responsable du club national des supporters de Nicolas Sarkozy. L'apéro pour se détendre avant chaque conseil des Ministres, c'est aussi ça, la rupture tranquille.

 

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Hisaux
a dit à
mercredi 7 février 2007

330.000 SMS ça me paraît peu... Va falloir louer des bases plus importantes ou offrir des téléphones une fois élu ! :)

 

Qui©he
a dit à
jeudi 8 février 2007

Certes...

Moi j'ai pas pu regarder ça, j'ai trop d'être comptabilisé dans l'audimat. En même temps je dis ça mais je comprends rien à l'audimat.


J'ai lu certains passages de ce style :
On y voit un jeune homme au look branché qui interpelle le ministre au sujet de l'emploi de la formule «La France tu l'aimes ou tu la quittes» et l'accuse de «draguer» l'électorat d'extrême droite.
Nicolas Sarkozy lui répond: «Pas une fois en 30 ans de vie politique, je n'ai défendu une idée qui n'était pas profondément républicaine». «Je suis le premier homme politique de droite à dire qu'il faut une immigration choisie. Mais je dis aussi une chose avec la plus grande force: personne n'est obligé d'habiter en France. Et quand on aime la France, on la respecte», a-t-il ajouté.
«On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines», a-t-il insisté.
Ce à quoi une jeune Lilloise d'origine algérienne a répondu: «les propos que vous venez de tenir sur les moutons ce sont des propos racistes. Il y a des réglementations, il y a des abattoirs, on est civilisés», a-t-elle dit, en ajoutant «c'est honteux, je suis d'origine algérienne, je suis musulmane et je me sens insultée, complètement».

Bref la france tu l'aimes ou tu la quittes mais comment quitter qu'elqu'un avec qui on à pas couché ?

 

Ana
a dit à
mardi 13 février 2007

Le niveau des commentaires est très variable... Que répondre à une question aussi débile que celle-ci: " Bref la france tu l'aimes ou tu la quittes mais comment quitter qu'elqu'un avec qui on à pas couché ?".

Ca se voit, enfin ça se lit, que Monsieur ou Madame Quiche s'est contenté de faire un joli copier/coller de propos trouvés sur un autre site... très très courageux.

Pour ma part, une seule remarque... vous avez vu que lors de cette émission, il y avait une chaise présente derrière N. Sarkozy (sale pitit hongrois) et que celui-ci, tellement complexé par sa taille, n'a même pas osé s'asseoir, de peur qu'on remarque encore plus sa petitesse... Petit lâche !